Mieux, en décembre, c’est habillé en Père Noël que vous m’avez peut-être déjà croisé. La petite reine ou plutôt le cargo bike remplace avantageusement les rennes, le traineau et même la hotte du Père Noël. Ce vélo utilitaire offre des possibilités bienvenues pour la logistique d’aujourd’hui et substitue efficacement un traineau, un carrosse, une voiture ou encore mieux, le pick-up de l’apiculteur. C’est le 12 décembre, il est 20 h et il fait froid. La neige est déjà tombée en masse depuis quelques jours et nappe les routes et le paysage, comme le miel sur sa tranche de pain. Ce soir, je m’active tout en prudence et en souplesse sur mon cargo pour livrer le miel des membres dans un village que je ne connais pas. Je fends l’air sur ma bicyclette accoutré en Père Noël. À cette heure de la soirée, il y a beaucoup de monde sur les routes. Je devine les sourires des automobilistes derrière leur pare-brise qui m’accueillent sur le bitume à coups de klaxons amicaux. Les piétons m’interpellent avec un « Hô Hô Hô! » Je réponds à toute cette bienveillance en faisant retentir ma sonnette ou d’un geste de la main (l’autre tient fermement le guidon de la bicyclette). On se sent bien dans la peau du Père Noël. De temps à autre, cela fait du bien d’être dans la peau d’une star qui fait presque l’unanimité en termes de capital sympathie. Je suis à l’entrée du village de destination, plus qu’à trouver la bonne rue et le bon numéro. L’obscurité de la nuit m’empêche de déchiffrer les noms des rues. Je suis un peu perdu et je roule au ralenti. Dans le village, je croise une dame qui promène son chien. Elle me fait un grand sourire accompagné d’un « Bonjour Père Noël! », du coup je m’arrête… et un peu perdu je lui demande : « Sauriez-vous où se trouve le chemin de la Touille ? »
• La dame avec son chien: « Vous continuez un peu plus loin et ensuite vous faites un virage presque à 180°, vous continuez sur 200 mètres et vous arrivez sur le chemin de la Touille. »
• Moi en Père Noël: « Super, merci! » Je m’apprête à remonter sur ma bicyclette.
Sur un ton interrogateur :
• La dame avec son chien : « Vous cherchez quel numéro ? »
Sur un ton exclamatif :
• Moi en Père Noël : « Le numéro 6. »
• La dame avec son chien : « … »
Un silence s’installe, un sourire commence à se dessiner au coin de ses lèvres, les yeux s’équarquissent.
Explosion de joie :
• La dame avec son chien : « C’est chez moi ! »
Explosion de joie x2 :
• Moi en Père Noël : « Vous vous appelez Jasmina ???? »
• La dame avec son chien : « Venez que je vous fasse un câlin. »
Le Père Noël et la dame avec le chien se font des câlins.
Avant de reprendre la route pour la prochaine livraison, je lui confie ses pots de miel, lui souhaite de belles fêtes et me réjouis déjà de l’accueillir au rucher lors des sorties des membres en juin.
Quelles étaient les chances pour que, ce 12 décembre, je tombe par hasard sur la membre que je devais livrer; que nos chemins se croisent, que Jasmina me salue d’un sourire et d’un « Bonjour, Père Noël », et que, perdu, je lui demande mon chemin?
Cette coïncidence appartient très certainement un peu à la magie de Noël… Mais pas que. Cette même livraison effectuée en voiture, dans un accoutrement traditionnel, n’aurait jamais eu l’épilogue de cette rencontre. Les trois ingrédients essentiels à cette banalité fabuleuse et magique sont: un sourire, un vélo et un Père Noël.
• Un sourire ne coûte rien mais apporte tellement de bien.
• Un vélo n’est pas qu’un moyen de déplacement, c’est aussi un engin qui crée du lien.
• Le Père Noël (ou la mère Noël) véhicule de la sympathie.
Pour que la magie opère: roulez à vélo, le sourire aux lèvres, habillé en père
ou en mère Noël, vous serez surpris du résultat…
Apicolement Vôtre

Livraison du miel... en Père Noël chez Apptitude